Dans la mer...

Publié le par Pi_ro_94

Dans la mer...

Voici un texte tiré de l'oeuvre de l'éthologiste Konrad Lorenz intitulée "L'agression une histoire naturelle du mal". Je lui ai trouvé une grande qualité littéraire. J'en profite pour l'illustrer de photos glanées à droite à gauche dans des encyclopédies que j'ai chez-moi ou sur le web. Je ne suis pas sûr qu'elles soient toutes libres de droit. Merci de me prévenir dans ce cas et soit je les retirerais si c'est votre demande, soit je me ferais un plaisir d'indiquer votre site ou votre nom.

Mon mouvement sans effort m’amène progressivement dans des eaux de moins en moins profonde. Le nombre des coraux diminue, celui des plantes augmente. Sous moi s’étendent de grandes forêts d’une algues charmante dont les formes et les proportions rappellent à s’y méprendre les acacias parasol d’Afrique, ce qui me crée l’illusion de ne pas flotter au dessus d’un fond de corail de l’Atlantique, à une hauteur qui dépasse à peine celle d’un homme, mais cent fois plus haut, au dessus d’une savane d’Ethiopie. D’immenses prairie de varech et d’autres, plus petites, de zostères naines, glissent sous mes yeux. Enfin je n’ai plus sous moi qu’un mètre d’eau. Mon regard découvre alors devant moi une longue barre sombre et irrégulière qui s’étend à droite et à gauche à perte de vue, remplissant complètement l’espace entre le fond lumineux de l’Océan et le miroir de sa surface. C’est la frontière entre mer et terre, la côte de Lignum Vitae Key, l’île de l’Arbre de Vie.

Le nombre des poissons augmente rapidement. C’est par douzaines qu’ils s’élancent maintenant sous moi, et cela me rappelle à nouveau des vues aériennes de l’Afrique, où l’on voit des hordes de gibier se disperser en tous sens devant l’ombre de l’avion. Les gros poissons globes si comique se comportent exactement comme des perdrix qui s’envolent d’un champ de blé pour s’y reblottir aussitôt après une fuite plus ou moins longue ! D’autres poissons aux couleurs extravagantes mais toujours harmonieuses font tout le contraire et, à mon approche, plongent immédiatement sous les algues marines. Un gros porc-épic qui portent au dessus de ses yeux d’un bleu d’outre-mer de fort jolies cornes de diable, ne bouge même pas et se contente de ricaner. Je ne lui ai encore jamais fait de mal mais un de ses parents m’en a fait l’autre jour. Lorsque j’ai saisi maladroitement ce poisson que les Américains appellent Spiny Boxfish il m’a pincé avec son bec de perroquet très tranchant, formé par deux dents opposées, et enlevé sans effort un bon morceau de peau sur mon index droit. Je plonge vers le spécimen que je viens d’apercevoir. Ensuite, selon une technique éprouvée qui ménage les forces et qu’emploie le canard lorsqu’il filtre la vase, je soulève mon arrière train hors de l’eau, saisis le gars avec précaution et remonte avec lui à la surface. Après quelques vains essais pour me mordre, il se décide à prendre la situation au sérieux. Il se gonfle. Ma main sent nettement les « coups de piston » de la petite pompe formée par ses muscles pharyngiens. Lorsque sa peau est tendue aux limites de l’élasticité et que ma main n’entoure plus qu’une petite boule épineuse toute ronde, je libère mon prisonnier. Il est amusant de voir avec quelle rapidité il exprime l’eau aspirée et disparaît dans les algues marines.

Dans la mer...
Dans la mer...
Dans la mer...

Publié dans Divers, Littérature, Science

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marie 06/09/2015 13:18

salut Piro merci pr ton coms j aime bien avoir de ts nvelles mais je ss en vacances moi aussi et ne c pas kand je reprendrai le blog merci pr ts articles je suis interessée tu as fais de belles excursions en montagne je vois vrmt belles photos! a bientot

Piro 07/09/2015 21:34

Merci de ta visite et bonnes vacances qui j'espère t'inspireront de magnifiques dessins et peintures