Alep, ville martyre

Publié le par Pi_ro_94

 

Alep ! Alep ! Dans tes jardins

Rencontre-t-on encore des fleurs ?

Hélas, des lampes d’Aladin

Sont sorties des sombres douleurs.

 

Tes orangers gisent brisés ;

Ce mur encore debout est-ce

Un immeuble toujours habité

Ou bien un froid tombeau qui laisse

 

Suinter la mort par de grands trous

Béants et noirs dans sa façade ?

Et y cherche-t-on à genoux

Un fils ou sa Shéhérazade ?

 

Mille et une nuits que les bombes

Te détruisent, nul n’est venu

A ton secours et les colombes

Ont fui tes sauvages rues

 

  presque tous pensent à tuer

Ou  se sauver de cette guerre

Et, à tous instants, effrayés

De mourir d’un tir mortifère

 

Les civils se cachent et rampent

Entre les camions incendiés

Cherchent un abri et y campent

Intranquilles et enfiévrés.

Et pour quelle cause cela,

Pour quelle espérance sombrée ?

Les uns c’est à l’appel d’Allah

Les autres pour la Liberté,

 

Les derniers au nom de l’Etat.

Et chacun croit juste sa cause,

La Mort réclame son quota,

Le prend chez tous  et sans pose

 

Sa terrifiante faux  moissonne

Les vies sans juger des raisons.

Les femmes pleurent, le glas sonne

La peur hante les maisons.

 

Parfois les « puissances » mêlées

Au conflit décident d’ouvrir,

Difficilement négociée

Une courte trêve pour offrir

 

Par presse au monde l’image

D’une dose d’humanité.

Mais très rapidement la rage

Les reprend  et sur la cité

 

Les bombes et les barils tonnent

Et tombent des lourds bombardiers

Terribles et violents qui résonnent

Dans le ciel triste et endeuillé

 

Comme un orage qui tournerait

Et revenant meurtrir la Terre

De jour et de nuit frapperait

Jusqu’aux missions humanitaires.

 

Voilà l’homme, voilà la guerre !

 

Publié dans Poésies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article