Juste un peu de cette eau vitale...

Publié le par Pi_ro_94

Alep, Mossoul, Palmyre, Syrte, Groznyï

Toutes ces villes que les guerres détruisent

Villes assassinées, habitants démunis

Fuyant l’horreur, pleurant les morts que brisent

Encore les bombes qui tombent jour et nuit.

 

Nul trêve à ce massacre et nous là bien au chaud

Incapable d’élever la voix, de contraindre

Au silence les armes et sauver les hôpitaux,

Tétanisés devant la folie en train d’étreindre

Un pays et tout un Orient prêt à l’assaut

 

Contre son avenir et notre monde aussi.

Et dans ce présent étouffant où s’affrontent,

Volontés de puissance, Chine, Etats-Unis,

Et Russie, nous Européens nous aurions la honte

De renoncer à défendre opprimés et meurtris.

 

Aucun de nos gouvernants n’élèvera la voix

Contre l’inadmissible défaite humaniste

De la raison, pour dessiner enfin la voie

De la paix, quitter la mort et son chemin triste.

Nous, citoyens ! resterions prisonniers de l’effroi.

 

Reclus dans le passé nous fermerions les yeux

Une fois de plus, une fois de trop sur les atteintes

Aux Droits de l’Homme, abandonnant les malheureux

A leurs bourreaux et, dans une misérable feinte

De déploration de ce crime, tout piteux

 

Et dépourvus de passions fortes et altruistes

Nous rentrerions chez-nous sans crier, sans lutter

Citoyens, politiques et syndicalistes

Tous ensemble pour défendre les idées

De justice et de fraternité, mais autistes

 

A la douleur des naufragés, des réfugiés

Nous chercherions dans une immobile paresse

La pauvre et très provisoire tranquillité

Pacifiste de nos pays que déjà blesse

La violence. Ô, notre pauvre Europe déchirée !

 

Quoi ! nous avons manifesté contre la guerre

Au Vietnam, contre les guerres d’Irak et là

Nous ne bougeons pas et laissons les militaires

Décider du destin de peuples mis au pas.

Nous n’acceptions pas les Pershing, la misère

 

Et nous demandons apeurés l’installation

De missiles à la proue nord-est des frontières

Nous acceptons l’universelle spoliation

Des puissances d’argent et quand vient la colère

Elles est trop faible pour briser notre soumission

Et nous rusons pour garder emploi et salaire.

 

Avons-nous encore quelque solidarité

En dehors de la restreinte sphère amicale

Et combien de temps seule une infime poignée

Criera face à l’indifférence nationale

Pour qu’un secours, un sourire d’humanité

 

Soit donné, juste un peu de cette eau si vitale

Qu’on appelle « liberté » et « fraternité » ?

 

 

 

 

Les photos ont été prises le 18/12/2016 lors de l'événement  "Fa(ê)îtes la dignité", place de la République à Paris.

 

Publié dans Poésies, Photos, Divers, Evènement

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