Je vis, je meurs...

Publié le par Pi_ro_94

             VII (Sonnet de Louise Labé)

 

Je vis, je meurs : je me brûle et me noie. Louise-Labe.jpg

J'ai chaud extrème en endurant froidure :

La vie m'est et trop molle et trop dure.

J'ai grands ennuis entremêlés de joie :

 

Tout à un coup je ris et je larmoie,

Et en plaisir maint grief tourment j'endure :

Mon bien s'en va, et à jamais il dure :

Tout en un coup je sèche et je verdoie.

 

Ainsi Amour inconstamment me mène :

Et, quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me trouve hors de peine.

 

Puis, quand je crois ma joie être certaine,

Et être au haut de mon désiré heur,

Il me remet  en mon premier malheur.

 

 

 

(Comme pour le poème de Ronsard, j'ai modernisé l'orthographe qui de toute façon au 16ème siècle ne parait pas fixée)

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