Poème à deux voix

Elle :
Mon ami, le temps file
Et je ne te vois plus.
Fontainebleau tranquille
Où mes pas fragiles
Sur les rochers pentus
Se sont souvenus
Que le corps est agile
S’il est entretenu.
Lui :
Depuis Bois-le Roi gare
Jusqu’à Fontainebleau
Avon, j’ai au hasard,
Par belle météo,
Et sans que je m’égare
Pris le chemin des Mares
Jusqu’au Rocher Cassepot,
Le soleil pour seul phare.
Elle :
Les muscles endoloris,
Les articulations grinçantes,
Dans la forêt verdoyante
J’ai suivi la compagnie,
Marcher, grimper, dévaler,
Attentive à ne pas tomber,
Me faufilant dans la passe
Étroite de certains rochers
Mais heureuse une fois hissée
De contempler tout l’espace
Forestier dans son immensité.
Je me revoyais là-bas
Chez les Tarahumaras.
Lui
Je ne connais ces barrancas
Que par tes yeux et la parole
D’un poète, vibrante et folle,
Qui durant des mois marcha
Là-bas, trouvant dans les pierres
Les vérités les plus évidentes
Et pourtant secrètes et sorcières
À nos âmes si peu croyantes
À l’esprit qui anime la Terre.
Ce poème à deux voix a été composé à l'origine par une amie. Rappelant des souvenirs de balades dans cette magnifique forêt, il m'a inspiré et j'ai mêlé ma voix à la sienne.