Folles strophes

Publié le par Pi_ro_94

 

Sortant d’un restaurant avec mon frère

Après un aurevoir en coin de rue

Oubliant la ville qui nous enserre

Je marchais sans but l’esprit dans les nues.

Tandis que je longeais un mur d’école

De couleur bleue et donc miroir du ciel

Je fus attiré par des strophes folles

Presque effacées par l’eau et le soleil.

 

La première était bien trop illisible

Des mots que la pluie pour cible avait pris,

Et paroles devenues invisibles,

Simples coulures du temps infini.

La deuxième, souvenir amoureux,

Parlait au passé d’une femme aimée : 

« Elle ne portait rien sauf ses beaux yeux

Et sur ses lèvres un accent léger».

 

Le poète qui la voit sous la douche,

Rêveuse et pensant aux étoiles,

Et lui, désirant follement sa bouche

Dans les fuyantes vapeurs qui la voilent.

Ainsi, comme un enfant dans un manège,

Il voyage dans son imagination

Et, abolissant le temps qui allège

Les peines, il tourne dans sa passion.

 

Comme l'enfant, il ne va nulle part,

Revivant l’amour enfui dans son âme

Et, cette femme encore dans le regard,

Brûlé au cœur par une vive flamme,

Il regarde la mer, double infini,

Fuir à l’horizon et dans les abysses.

La vague assaillant la roche ennemie

Brise aussi son cœur dans des fols délices.

Publié dans Poésies

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S
La chute de votre texte est délicieuse..Beau moment de lecture
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P
Un peu aidé par les mots tracés sur le mur. Merci de ton commentaire Sedna.