Dimanche dix novembre

Publié le par Pi_ro_94

Neuf heure trente-six, dimanche  10 novembre

Demain armistice mille neuf cent dix-huit

Qui se souvient de ceux qui sont morts sur la Sambre

A Ypres, Verdun , la Somme ? Le temps en fuite

Efface les douleurs, les mémoires se cambrent

En un dernier assaut puis les voilà réduites

Au doux tremblement d’une flamme feu et ambre.

Et chacun retournant à sa vie par la suite

Oubliera  ces ombres que toujours on démembre.

 

Mes deux grands-pères, à cette putain de guerre

 Y sont allés mais ils n’en ont pas trop parlé

L’un  perdit l’œil mais gagna médaille militaire

L’autre, quatre ans au front sans y être blessé,

En revint croix de guerre. En étaient-il si fiers ?

Cela les avait sans doute à tout jamais marqué

Mais ils enfouirent en eux leurs larmes amères

La guerre ne sortit pas de leur cœur muet

Où gisaient tant de rêves, d’amis et de frères.

 

Mais peut-être que je me trompe sur leur cœur,

Comme le poète Guillaume Apollinaire,

Ils ont vu et senti la beauté de l’honneur

Dans ces nuits que balles et obus éclairèrent

De leurs rayons mortels. Oubliées les frayeurs

Ils pensaient à leurs femmes restées à l’arrière

Et voulaient les revoir ou bien c’était la sœur

Qu’ils avaient en photo dessous la cartouchière.

Parfois ils la sortaient et pleuraient de bonheur.

Publié dans Poésies

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Sedna 11/11/2019 16:07

Nous avons effectivement un devoir de mémoire . Ton texte est très émouvant . Tes grands pères auraient probablement été heureux de lire ce bel hommage .

Piro 11/11/2019 22:36

Merci Sedna de ta fidélité.