Le nouveau Moloch

Publié le par Pi_ro_94

 

Syrie. Idlib. La Turquie. La Russie. Les bombes.

Toujours les bombes, les missiles, les assauts,

Les villes prises,  reprises, murs en morceaux

Et tous les morts abandonnés sans tombe.

 

Triste spectacle des civils  fuyant l’horreur,

Entassés dans des camps d’infortune, livides,

Gelés, affamés, béance au fond des cœurs,

Barbelés d’un côté, de l’autre la guerre avide.

 

Que de linceuls dans ces yeux de mères, d’enfants,

Qui osent à peine supplier qu’on les aide,

Otages  des intérêts de tous les puissants,

Fantômes de vie hagards survolés des raids.

 

Plus loin, autre frontière, la Turquie, la Grèce

Et derrière l’Europe frileuse et fermée

A l’Ouest sur la mer Égée, une barque en  détresse

Un enfant noyé, quelques réfugiés sauvés.

 

La Méditerranée nouveau Moloch réclame

Ses victimes, la Turquie est prête à les donner,

L’eau servira aux sacrifices au lieu des flammes.

La diplomatie n’ayant plus d’humanité,

 

On ouvre les gouffres pour obliger les mains

À s’ouvrir mais les doigts sont noueux et fort raides

On les dépliera difficilement demain,

Malgré les ONG qui les secourir plaident.

 

Et l’Otan est plus prompte à proposer des armes

Ou de l’argent à la Turquie, le triste impôt

De cette alliance distributrice de larmes

Et désireuse de faire aux Russes la peau.

 

Est- ce donc cela les  nouveaux droits de l’enfance ?

Fuir, mourir noyé,  coulé au fond de la mer

Voir sa maison détruite, connaître l’errance,

Perdre ses parents et tenter de rester fier.

 

ONU rendue impuissante par les vétos

Et le fol maelström des passions divergentes

Entre les nations, la main plus près des couteaux,

Que de la paix et des embrassades aimantes.

 

Et sur tout ça la catastrophe écologique

Pointe son nez sans que vraiment on s’en soucie

Malgré que les discours en ont fait une scie.

Voilà, voilà donc aujourd’hui, la politique !

 

 

 

Publié dans Poésies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
S
Les humains sont désespérants, obstinés dans leurs croyances inutiles. Violents, guerriers, pollueurs, nous avons toutes les qualités ! Évidemment, je suis en accord avec toi.
Répondre
B
C'est triste en effet, ça pète de partout, l'homme ne sait vraiment pas vivre en paix avec ses semblables, il est raciste, guerroyeur, stupide et en plus il bousille la planète. J'apprécie de poème sur un sujet que j'ai déjà traité moi aussi.
Répondre