Pour ceux qui ne sont rien ou ceux qui sont de trop

Publié le par Pi_ro_94

Pour ceux qui ne sont rien ou ceux qui sont de trop

Pour les sans-papiers, le SDF misérable

Que puis-je apporter en dehors de ces mots

Et de quelques pièces ? Ils sont peu abordables

Et souvent n’ont qu’un vœu : qu’on les laisse en repos.

 

Réfugiés, demandeurs d’asile ou bien chômeurs,

Ils dorment dans la rue, le pont voit leur misère,

Parfois l’un deux adresse un bonsoir aux promeneurs

N’attendant qu’un salut dans une morgue austère,

Être soudain humain, c’est réchauffer leur cœur.

 

Mais c’est au fond très peu. Pourtant combien le font ?

Certains sont débrouillards et font une demeure

Sur un bout de trottoir, matelas et baluchons

Sont leur seules affaires où le ciel parfois pleure,

Un chien aussi est là pour garder la maison.

 

Pour d’autres la grille du métro sert de lit

En allant au travail les employés les croisent

Dans leur sommeil hagard, épuisé et meurtri.

Un jour, l’un d’eux disparait tombé dans quelque Oise.

Personne pour l’aimer, se souvenir de lui.

 

Sauf si un soir une maraude l’a surpris,

Ou bien, grelottant trop dans le froid et la neige

Par appel au 115 il a trouvé abri,

Il aura dormi seul sans qu’un rêve n’allège

Ses peines et sa vie de pauvre au sort soumis

 

Et aura pour tombeau les eaux de la rivière

Tout à fait oublié et mort à tous les yeux

Victime inconnue roulée dans son boueux suaire.

Peut-être que la mort était pour lui le mieux,

Idée terrifiante d’un âge délétère.

Publié dans Poésies

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tilk 16/06/2020 01:59

ça me touche beaucoup ton texte
surtout que j'ai vécu en tant qu'immigré dans la rue !!!
c'est l'école qui m'a sauvé
et certaines mains tendues
amitié
tilk

Pi_ro_94 16/06/2020 18:53

Ce ne sont pas forcément des immigrés qui se retrouvent à la rue. Il y a des accidents dans la vie qui malheureusement conduisent à cela.

Betty... 15/06/2020 12:58

Je suis toujours troublée quand je les vois , il m'arrive de leur parler , ils ont dans leur regard un infini détachement à tout qui leur épargne trop de souffrance...

By Marie 13/06/2020 17:46

L'indifférence de la plupart des humains est comme la haine, de plus en plus grande. Je ne suis pas une sainte, loin de là, mais quand j'en vois un j'essaie de lui parler, je le regarde, parfois je leur donne du savon, du pain, du pâté, du fromage. Car je me dis toujours qu'ils n'ont pas choisi de vivre ainsi et que, demain, cela pourra être nous. Merci pour ce message fort d'humanité

Pi_ro_94 14/06/2020 13:50

J'ai remarqué effectivement que les femmes étaient plus encline à cela. Belle qualité !

Sedna 13/06/2020 11:20

tellement affligeant de cette situation encore dans notre pays soi disant évolué. Ton poème exprime un fort ressenti. j'adhère complètement à tes mots puissants

Pi_ro_94 13/06/2020 17:08

Merci Sedna.

nounou34 12/06/2020 21:09

tellement vrai et tellement triste ton poème est un chef d'oeuvre. pense à le faire publier

Pi_ro_94 12/06/2020 22:33

Merci de ta visite et ton commentaire sympathique.