EXPO AKSELI GALLEN-KALLELA - MYTHE ET NATURE (SUITE)

Publié le par Pi_ro_94

Gallén-Kallena s'est aussi intéressé au traditions rurales et aux arts décoratifs. Il a notamment peint des modèles pour renouveler et moderniser l'esthétique des tapis Ryijy. Tapis traditionnels en laine tissés en points noués qui servent à décorer les  murs des maisons et à les réchauffer.  Inspirés de la nature mais simplifiés et stylisés come le modèle ci dessous peint en 1902 à l'aquarelle inspiré par les fougères et leurs spores.

Modèle" flammes" pour tapis Ryijy
Tapis réalisé sur le modèle précédent par "Les amis des travaux manuels finlandais' (1913)
Le porche de Kalela (1900)

Je rappelle ou informe mes visiteurs que Kalela est la maison que le peintre a conçue et construite à 200 kilomètres au Nord d'Helsinki. Il se serait inspiré de maisons qu'il avait vues lors de ses voyages en Carélie finlandaise.

Printemps à Kalela (1900)
Kalela au clair de lune (1906)
Kalela en automne (1915)
Etude pour le mausolée de la Jeune Sigrid Juselius

Sigrid Juselius était la fille d'un d'un industriel prospère de Pori, la ville natale de Gallén-Kallela. Morte prématurément à onze ans de la tuberculose, son père commande la construction d'un mausolée et fait appel à Gallén-Kallela pour peindre les 8 fresques de la chapelle octogonale qui suit l'entrée du mausolée décoré par un autre peintre. Malheureusement en raison du matériau utilisé pour la construction, le grès, les fresques sont rapidement abîmées par l'humidité, ce malgré l'ajout d'aération, de plus un incendie ravage le monument en 1931 alors que le père est décédé l'année précédente. C'est la Fondation Sigrid Juselius qui doit s'occuper des réparations mais les fresques originales ont été complètement détruites. Elles seront finalement repeintes par le propre fils de Gallén-Kallela d'après les  dessins et études réalisées par son père.

Cette commande rentrait en résonnance avec la mort de la fille ainée du peintre à peu près à la même époque. C'est ce cette époque que date les gravures en couleurs (les premières qu'il fait) dites  de la jeune fille et la mort. La jeune fille étant représentée symboliquement par une fleur et la mort par une tête de squelette et sa main tenant une fleur.

Hélas ! La mort la tient ma petite fleur

La tant aimée, la tant jolie, œil de l'âme

Et doux soleil apprivoisant mon cœur.

Etoiles gravez pour elle un épigramme

Dans le ciel noir de l'île de Tuonela*

Pour lui conter mes pleurs et tristes larmes.

Ô toi qui a quitté pour toujours mes bras,

Ma tant jolie, ma tant aimée, cette tombe

Au fond m'a rapproché de toi. Tu vivras

 

Dans mes rêves où tes sourires abondent,

Mon cœur est ta maison plus que Tuonela,

Je t'y garde dans ma tristesse profonde.

Printemps (portrait de Anna Slöör, jeune belle-sœur du peintre)

Le printemps commençait la série des fresques décorant la chapelle funéraire du mausolée. Ce tableau est une étude pour cette fresque du printemps.  On y retrouve la symbolique de la fleur coupée qu'Anna Slöör tient à la main et le parallèle fait entre la nature et le cycle de la vie.

 

* l'Ile des morts dans la mythologie finlandaise

Publié dans Exposition, Beaux-Arts, Poésies

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S
j'aime les mots et pour les œuvres, surtout le dernier tableau.. pour le reste, évidemment, je respecte le talent mais ce n'est pas forcément le style qui m'attire.. merci de nous faire découvrir ces nouveaux horizons
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P
Qu'est-ce qui vous gêne dans ces paysages que je trouve magnifiques ? On a vraiment l'impression de se promener dedans. Mais pour le dernier tableau, c'est un très beau portrait vous avez raison. J'aime bien la robe noire qui donne le volume en éloignant le paysage, la dentelle sur le buste qui est comme un rappel de la couronne de fleurs posés sur les cheveux et des feuilles de l'arbre sur la droite. La transparence de la manche contribue aussi à l'équilibre du tableau en atténuant un peu le sombre de la robe et en rappelant l'eau de l'étang. Il y a donc une union entre le personnage et le paysage qui se trouve derrière elle.