Bref séjour à Saumur (suite)
Je reprend ma balade dans l'église Saint Pierre de Saumur.
C'est une Pietà assez curieuse. D'habitude la Vierge Marie est assise et le Christ est étendu sur ses genoux et là on a l'impression qu'elle est debout et qu'elle soutient son fils de manière assez lâche de sa seule main gauche. Cela doit être le Saint-Esprit qui lui évite de s'affaler complètement sur le sol.
Cette armoirie est peut-être celle d'Aliénor d'Aquitaine ou de sa descendance, sans certitude. Je tente de la blasonner. Parti en un d'or à lion de gueule, en deux d'or semé de fleurs de lys d'azur, bordé de gueule à senestre.
La tapisserie de La Vie de Saint-Pierre est présentée en plusieurs lés qui contiennent souvent deux scènes.
La première scène ci-dessus représente Saint-Pierre à gauche tenant une canne à pêche et un poisson dans sa main gauche dans la gueule de de ce poisson Jésus à fait apparaitre miraculeusement l'impôt dû au temple. Jésus est tout à fait à droite en train d'entrer dans le temple accompagné d'autres disciples vers lesquels il se tourne.
Les trois apôtres sont à genoux autour de Jésus en position centrale, entourés d'une gloire en forme de nuage lumineux.
Par son regard Pierre guérit le boiteux. Cette scène figure dans les Actes des Apôtres. Les deux premières de l'Évangile selon Saint-Matthieu.
La scène suivante qui figure sur le même lé est la suite de La guérison du boiteux.
Ananias et Saphira sont punis de mort subite par Pierre pour lui avoir menti. Ça rigolait pas à l'époque. Ci-dessus, il s'agit de la mort subite d'Ananias
Toujours dans les Actes des Apôtres, cette scène raconte un des miracles de Pierre. Les Actes des Apôtres selon la tradition chrétienne confirmée par l'exégèse et la critique contemporaine ont été écrits par l'évangéliste Luc. Il est le cinquième livre du Nouveau Testament : "Tabitha était une femme charitable, disciple de Jésus, habitant à Jaffa. Or il arriva qu'elle tomba malade et mourut. On appela Pierre, qui fit sortir tout le monde et resta seul en prière avec la morte, puis il se leva et dit : « Tabitha, lève-toi ! » En entendant la voix de Pierre, Tabitha ouvrit les yeux et s'assit. Pierre lui prit la main et la fit se lever pour la présenter aux personnes présentes dehors. Beaucoup crurent au Seigneur. Je suis un peu soulagé, ce n'est pas qu'un assassin ce Pierre. Parce que la punition de mort pour un mensonge, si ce n'est pas un assassinat, de quoi peut-on la qualifier : meurtre ? Je suis quand même allé voir au-delà du bref résumé fourni par les affichettes de l'église. Quel est le mensonge puni par Pierre ? C'est le fait d'avoir gardé une partie du produit de la vente d'une propriété destinée à alimenter la trésorerie de la communauté chrétienne à laquelle ils appartenaient et d'avoir menti en apportant le reste du produit en faisant accroire que c'était la totalité. Mon avis c'est que ça ne méritait pas la mort mais soit l'éjection de la communauté, soit de leur demander la somme manquante. Mais la loi divine n'est pas la loi humaine car les actes de Pierre ne sont jamais que ceux de Dieu. C'est ce que je conclus du récit biblique.
Remarquez la différence d'attitude des quatre soldats romains, face à l'évasion de Pierre.
Pierre est assis sur un trône surélevé dans des habits d'apparat, contrairement à l'habitude où il est représenté en simple tunique sombre. En revanche, tout le monde semble avoir de riches étoffes pour se vêtir dans cette scène. Cet épisode est tiré de la Légende Dorée de Jacques de Voragine. Jacques de Voragine est un dominicain du 13ᵉ siècle qui a rédigé en latin entre 1261 et 1266 La Légende Dorée, ouvrage qui raconte la vie de 150 saints et des épisodes de la vie du Christ et de la Vierge.
Cette scène normalement précède celle de sa libération par un ange.
Selon la légende, Pierre, se jugeant indigne de subir le même sort que le Christ, aurait demandé à être crucifié la tête en bas. Cette mort comme celle de Paul se situe pendant les grandes persécutions antichrétiennes sous l'empereur Néron, soit en 64, soit en 67 après JC. Cette tenture a été commandée en 1542 par la confrérie du Saint-Sacrement pour orner l'église. Ce sont les peintres angevins Robert de Lisles et Jehan de Lastres qui ont réalisé les cartons. Ils ont ensuite été tissés en haute-lice, en fils de laine et de soie, probablement par l'atelier Duval de Tours. L'ensemble mesure 1,45m de haut sur 24m de long. Elle est classée aux Monuments Historiques depuis 1897. Elle aurait été achevée en 1546.
Ce très beau vitrail représente plusieurs épisodes de la vie de la Vierge. Je crois reconnaitre la Fuite en Égypte, la Présentation au temple, la Dormition et peut-être l'Assomption.
Cette copie est celle d'une des nombreuses représentations de l'Immaculée Conception de la Vierge, un dogme de l'Église catholique.
Bartolomé Esteban Murillo est un peintre baroque du 17ᵉ siècle né en 1617 à Séville et mort dans la même ville en 1682. C'est l'un des trois grands peintres espagnols de l'époque avec Vélasquez et Ribera. C'est le chef de file de l'école de Séville.
Il y a encore de nombreux trésors architecturaux, sculpturaux et picturaux à découvrir, mais j'ai peur de vous lasser, aussi j'arrête là pour l'instant.