Don Quichotte, une aventure théâtrale et éditoriale
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Ce livre que vous pouvez vous offrir ou que vous pouvez offrir fut d'abord une aventure théâtrale.
On peut dire qu'elle fut le fruit du hasard et de la nécessité. Hasard d'une rencontre et nécessité intérieure, psychique. Elle a un territoire de naissance qui est le 14ᵉ arrondissement de Paris et le quartier du Petit Mont-Rouge.
Ce devait être au printemps 1982, je sortais de chez moi, c'est-à-dire de l'appartement familial que nous avions dans le quartier avec ma mère et mes frères. Je traversais la place du marché et c'est là que j'ai rencontré un ancien copain de collège qui habitait le même quartier, même si je ne l'y avais presque jamais revu depuis le collège. Ce copain, surtout de classe de quatrième et troisième, était passionné de théâtre comme comédien déjà à cette époque du collège. On discute un moment, comme des camarades qui ne se sont pas vus depuis longtemps, et il finit par me dire qu'il veut monter Don Quichotte au théâtre, tout en se sentant incapable de faire lui-même l'adaptation. Comme il se rappelait aussi que j'étais bon en rédaction, du coup, il m'a demandé si je ne voulais pas l'aider à faire cette adaptation.
Moi, je n'étais pas spécialement branché sur Don Quichotte et je n'en connaissais que ce que tout le monde connaît à travers la collection "Contes et légendes", en l'occurrence d'Espagne. Mais, l'idée m'a paru intéressante et rencontrait un ancien désir d'écrire du théâtre dès que je revenais de la Comédie Française où ma mère, chaque année, quand nous étions enfants et adolescents, prenait un abonnement. Désir qui s'étiolait vite dès que je prenais la plume après trois ou quatre répliques inscrites sur un cahier. En plus, j'étais libre puisque je ne travaillais pas, ce qui me laissait du temps d'abord pour lire le roman. J'acceptais donc la proposition et le défi que c'était et, pour commencer, j'allais m'acheter le roman. Je pourrais presque dire les deux romans car il y a deux tomes et le héros meurt à la fin de chacun des deux tomes.
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Chaque volume contenant plus de six cents pages, il devint vite évident qu'il allait falloir faire des choix parmi toutes les aventures de l'hidalgo de la Mancha et en supprimer une énorme quantité.
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En plus, théâtre oblige, il était quasiment nécessaire d'éliminer des personnages emblématiques du roman : Rossinante, le cheval de Don Quichotte et l'âne de Sancho Panza. Voilà donc les deux héros principaux du livre privés de leur monture.
Quel type de lecture j'allais faire fut une autre question. Fallait-il que je lise tout, en suivant l'ordre du roman ? J'optais pour une lecture en diagonale, lisant complètement les épisodes qui m'arrêtaient et survolant les autres. Après, nous en discutions avec mon ami et nous avons de cette façon fait notre choix peu à peu et en bonne partie lors d'une semaine passée à Port-Bail dans la Manche. Il m'y avait invité tandis qu'il préparait une classe verte pour l'OEPFPM comme régisseur. L'OEPFPM est une œuvre éducative populaire et familiale, située 5 rue du Moulin-Vert dans le quartier du Petit-Montrouge dans le 14ᵉ arrondissement de Paris. Elle existe toujours aujourd'hui. Ce fut une semaine très agréable.
Après il a fallu passer à l'écriture dialoguée et des didascalies. Il fallait que cela soit prêt à la fin de l'été pour commencer les répétitions et pouvoir jouer à Noël. J'écrivais à la machine à écrire. Je ne sais plus si c'était sur l'Underwood de ma mère ou sur une petite Olivetti que je m'étais acheté. Peut-être que j'ai commencé sur l'Underwood pour finir sur l'Olivetti. De ce travail, il ne me reste que quelques feuilles dispersées et une photocopie incomplète.
La feuille est assez mince et écrite des deux côtés, on voit donc le verso par transparence.
J'ai sans doute dû réécrire plusieurs fois certains passages après les avoir lus ou fait lire par mon ami.
Sur la version scénique, il y a parfois des mentions écrites au stylo comme ci-dessous :
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Le tableau VI était à l'époque le dernier tableau. J'ai rajouté deux tableaux en reprenant la pièce pour la publier. Je pense qu'ils sont dans le même esprit et même le renforcent. Puisque ce road-movie du 16ᵉ siècle est une succession, dans la lecture que j'en ai faite, d'histoires d'amour.
En vérité j'étais tellement pris par le livre et par le personnage que je l'ai même dessiné alors que le dessin n'était pas trop ma tasse de thé préférée.
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D'après un souvenir en bois rapporté d'Espagne par un de mes frères.
À suivre…