Bref séjour à Saumur (suite 7)
Abbaye de Fontevraud (suite)
Ce mausolée était une œuvre du 17ᵉ siècle détruite et dispersée pendant la Révolution Française. Après bien des recherches, il a pu être reconstruit et replacé dans l'abbatiale de l'abbaye de Fontevraud à côté des gisants.
Ces deux retables retrouvés ont été insérés dans le nouveau mausolée.
C'est presque une bande dessinée qui est gravée et peinte sur la voûte et les murs de la niche.
Sont représentées la reine de France puis d'Angleterre et duchesse Éléonore d'Aquitaine, et je pense l'abbesse Jeanne-Baptiste de Bourbon qui fit construire le mausolée au 17ᵉ siècle. Au centre et en pied sont dessinés et évoqués les bâtiments de l'abbaye et le démantèlement sous la Révolution Française du mausolée.
S'aperçoit aussi un arbre généalogique, celui des Plantagenêt. Rappelons que les Plantagenêt descendent de Geoffroy V d'Anjou et de Mathilde l'Emperesse, fille du roi Henri Iᵉʳ d'Angleterre. Ce qui permet à son fils Henri de revendiquer le trône d'Angleterre contre d'autres prétendants, notamment Édouard qui le devance et se fait couronner en premier. Il faut dire qu'à l'époque, les successions dynastiques ne sont pas réglées comme du papier à musique, particulièrement en raison des différents mariages contractés par le roi défunt. Elles étaient donc l'objet d'âpres batailles entre les prétendants. Henri II Plantagenêt se fera couronner en 1154, 19 ans après la mort d'Henri 1er. Toute l'histoire des Plantagenêt est marquée par des guerres de succession jusqu'à la fin de leur règne en 1485. Leur dernier roi couronné fut Richard III. La maison Plantagenêt en ligne légitime s'est éteinte en 1499 par l'assassinat d'Edouard Plantagenêt par Henri VII, fondateur de la dynastie Tudor. Quelques-uns de ces rois Plantagenêt ont fait le sujet de certaines pièces de théâtre de William Shakespeare.
Cette voûte raconte l'histoire de la construction du mausolée des rois Plantagenêt. Tout en haut sont probablement représentés les deux couples qui inaugurent la dynastie; à savoir : Henri II et Aliénor d'Aquitaine, à gauche, et Richard Cœur de Lion et Bérangère de Navarre, à droite. Leurs têtes couronnées sont représentées couchées de part et d'autre d'une tête de mort indiquant qu'il s'agit d'un monument funéraire. Le panneau en dessous montre cinq abbesses avec leur blason, je pense. Pour les monogrammes royaux, je suis plus dubitatif. Celui du milieu parait être celui de Richard Cœur de Lion accolé à celui de son épouse Bérangère de Navarre. Quant au L, il doit faire référence à un Louis, mais je ne crois pas qu'il y ait de Louis dans la dynastie des Plantagenêt. Cela pourrait désigner Louis VII, le premier époux d'Aliénor, ou bien le roi régnant lors de la construction du mausolée, c'est-à-dire Louis XIII. Toutefois le monogramme de Louis VII est un H avec la barre transversale un peu allongée et celui de Louis XIII, il y en a plusieurs, semble-t-il, mais entre autres le L simple et couronné. Quant au dernier monogramme, deux B entrelacés avec un D, je n'ai aucune idée.
Les rois ont toujours été assez portés sur l'adultère et l'infidélité. Une anecdote à ce sujet concerne à la fois Henri II et Richard Cœur de Lion. Richard, comme duc d'Aquitaine, vient prêter serment auprès du roi de France. Il est à cette occasion fiancé à Aelis de France, fille du roi Louis VII. Le roi Henri II la fait venir à sa cour en Angleterre pour en recevoir les terres constituant sa dot. Il renouvelle à cette occasion sa promesse de marier son fils Tichard à Aélis de Grance. Mais peu de temps après, sa maîtresse meurt et il en profite pour mettre Aélis dans son lit. Richard, on le sait, épousera plus tard Bérangère de Navarre, rompant ses fiançailles auprès de Philippe Auguste devenu roi de France entretemps en lui disant : "Je ne repousse pas ta sœur mais il m'est absolument impossible de l'épouser car elle a couché avec mon père et a eu un enfant de lui." Cependant, il aurait pu tout aussi bien invoquer que c'était sa demi-sœur puisqu'elle était la deuxième fille d'Aliénor d'Aquitaine avec le roi Louis VII.
Deux scènes différentes sur ce détail du mausolée. Une qui se passe sous la Révolution Française, et l'autre plus proche de nous. Le soldat ayant un képi. Fait-elle référence à l'époque où l'abbaye était devenue une prison ?
L'abside au décor dépouillé est impressionnante. Envahie d'une lumière sans éclat, on est saisie par sa taille, sa hauteur, sa luminosité, son élégance. Les colonnes guident les yeux vers le ciel tout en faisant faire un panoramique au regard.
Un autel tout simple y arrête le regard. On est prévenu. Ici, ça ne rigole pas.
On retrouve cette affirmation divine à plusieurs endroits de l'Apocalypse et dans le livre du prophète Isaïe avec quelques variations et développements.
Apocalypse 21:6
Et il me dit : " C'est fait ! Je suis l'alpha et l'oméga, le commencement et la fin. À celui qui a soif, je donnerai de la source de l'eau de la vie, gratuitement."
Ésaïe 48:12
Écoute-moi, Jacob! Et toi, Israël, que j'ai appelé! C'est moi, moi qui suis le premier, c'est aussi moi qui suis le dernier.