Scène familiale

Publié le par Pi_ro_94

Scène familiale

Sur une idée qui m'est venue en fin de nuit, voici une petite scénette sur un sujet sérieux.

 

La mère

 

Je pleure, je pleure sur mon foyer déchiré,

Je pleure sur les dieux qui nous ont abandonnés,

Je pleure sur les guerres, cette passion futile

Et meurtrière  des hommes menant à l’exil.

Toutes ces larmes tombent sur ma famille aimée,

J’espérai en fuyant les combats leur éviter

Les périls et les garder en paix, qu’il puissent vivre

Heureux et sans alarmes, se gardant du monstre ivre.

Las ! Mon époux est reparti, il se sentait lâche

D’abandonner son pays, et de peur qu’il se fâche

Je l’ai  laissé partir, ses joues baignées de mes larmes,

L’un des mes fils, l’a rejoint là-bas, prenant les armes

Et mon cœur tous les jours est blessé par les dangers

Qu’ils courent dans les villes et les champs bombardés.

J’attends mes autres enfants, mon ainé et ma fille,

Et je prie pour que jamais  l’idée ne les titille

D’aller rejoindre au front leurs père et frère menacés.

Sauf, à m’emmener avec eux le cœur tout glacé.

 

                        La fille, arrivant

 

Maman, je vois que tu  te tortures toujours l’âme.

 

                        La mère, embrassant sa fille

 

Oui, ma fille, mes rêves, hélas, sont plein de  flammes

Où je les vois brûler…

 

                         La fille

 

Petite et chère maman,

N’attriste pas ton cœur en d’inutiles tourments.

Nous sommes là, nous t’aimons mon frère ainé et moi.

Chacun doit assumer le destin qui lui échoit.

Nous, c’est de te protéger. Eux, de soutenir

Leur patrie. Pense plutôt à tous les souvenirs

Joyeux qu’ils t’ont laissés.

 

                        La mère

 

                                    Ma fille, je ne le puis

Tant la crainte m’accable, hier comme aujourd’hui,

De les perdre tous deux et de ne plus les revoir…

                       

La fille 

 

                                    Tu pèches

Contre Dieu…

 

                        La mère

 

                     Vrai, je suis à la religion revêche.

 

                        Le fils ainé, entrant,

 

Fin du débat. J’apporte ici  de bonne nouvelles,

Concernant papa et mon frère, arrivées sur les ailes

De quelque oiseau de bon augure.

 

                        La fille

                                                            Vite, dis-nous !

                        Le fils ainé

Eh bien, sans me faire prier par vous à genoux

Voyez vous-mêmes…

 

(La mère et la fille lisent la lettre silencieusement )

 

                                     Mais pourquoi soudain ces visages tout pâles ?

(La mère s’est assise et pleure)

 

 

 

                        La fille

 

Papa étant atteint d’une blessure létale

Tu es complètement idiot  de nous annoncer

Cela comme une bonne nouvelle. C’est déplacé!

 

                        Le fils ainé

C’est que vous concevez le mauvais côté des choses

Quand moi j’en vois le bon. Cela est la seule cause

Que vous le voyez mort quand pour moi il est vivant.

 

                        La mère

 

Ton optimisme nous tuera ! Tu es éprouvant

À nous montrer comment le cœur trop souvent nous manque

Quand ta positivité sert au tien de restanque.

 

                        Le fils ainé

 

Oui, je suis très content de les savoir exfiltrés

Des zones de guerre et dans une sure contrée

Nous aurons comme cela plus souvent des nouvelles.

Sœur, j’ai déjà expédié nos pensées fraternelles

Et filiales. Il nous reste donc, avec maman,

À écrire un courrier médité plus longuement.

 

La fille

J’admire sans l’envier ton positif dynamisme

C’est toi peut-être qui a le meilleur humanisme.

 

                        Le fils ainé

Oui, je ne suis pas fait pour les combats de la guerre,

Mais pour ceux de la vie. Les plus beaux, n’est-ce pas, mère ?

 

La mère

Viens, que je t’embrasse encor de nous rasséréner,

Toi, de mes fils le moins fou et, docteur passionné.            

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H
Merci Pierre, pour avoir écrit ce texte dans lequel nous nous retrouvons tous - nous les plus sensibles parmi les êtres humains - à l'échelle de la famille. Un "je" éprouvant... qui donne de la force au texte et à ces réalités que nombre de personnes vivent sur la Terre.<br /> <br /> Bon dimanche à toi.
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P
Merci Hayat. Je suis en voyage. Je ne suis donc pas trop allé sur mon blog, ni sur ceux des autres.
E
Bonjour Piro. Pauvres familles impactées par ces guerres un peu partout dans le Monde. Que de vies gâchées
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P
Merci de ton passage, ecureuilbleu. Cela n'a pas l'air de vouloir s'arrêter, malheureusement.
S
tu as détourné un sujet sérieux et si dur que celui de la guerre avec sa cohorte de blessures et de mort. j'aime particulièrement le début du poème. bravo une nouvelle fois. j'admire ton talent
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P
Merci Sedna; cela fait toujours plaisir d'être félicité. Détournement n'est peut-être pas le mot exact, disons que j'en parle de manière indirecte.