Poème pour l'aube

Publié le par Pi_ro_94

(En hommage à Aimé Césaire qui vient d'être honoré par une plaque comémorative scellée au Panthéon)

 

photo aimé cézaireles fougues de chair vive

aux étés éployés de l'écorce cérébrale

ont flagellé les contours de la terre

les ramphorinques dans le sarcasme de leur queue

prennent le vent

le vent qui n'a plus d'épée

le vent qui n'est plus qu'une gaule à cueillir

     les fruits de toutes les saisons du ciel

mains ouvertes

mains vertes

pour les fêtes belles des fonctions anhydrides

il neigera  d'adorables crépuscules sur les mains coupées

     des mémoires respirantes

et voici

sur les rhagades de nos lèvres d'Orénoque désespéré

l'heureuse tendresse des îles bercées par la poitrine

      adolescente des sources de la mer

et dans l'air le pain toujours renaissant des efforts

      musculaires

l'aube irrésistible ouverte sous la feuille

telle clarteux l'élan épineux des belladones

 

 

                                               Aimé Césaire

                                              Les armes miraculeuses

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Obraska 21/04/2011 09:14


Poème hermétique (pour moi). Avalanche de mots comme une musique sans paroles. Je n'adhère pas trop.
Dr WO


Pi_ro_94 26/04/2011 21:35



Je comprend qu'on puisse trouver cela de prime abord "hermétique". C'est une caractéristique des poètes antillais et africains francophones, cette avalanche de mots. mais ils ont un sens
contrairement à votre première impression et sont donc bien une "parole". Il faut connaître une peu l'histoire de ces îles et de ces pays et de leur populations pour les savourer un peu.


Pour moi, ils ne sont pas plus"hermétisues" que certains poèmes de Mallarmé.